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Travail de peinture Templière et reproduction de Blason

Plaquette de présentation du travail en peinture du Chevalier Amélie Eulry, à Metz.





Livre d'Or

Vos commentaires et signatures sont les bienvenus.




Origine de l’Ordre Souverain Militaire du Temple de Jérusalem + O.S.M.T.H. + O.S.M.T.J.


«De tous les Ordres de Chevalerie, aucun n’eût un destin aussi extraordinaire que l’Ordre du Temple. Aucun n’eût une telle influence sur la direction du monde, influence qui dura longtemps après sa disparition.»

MICHELET


Introduction


Relater l’histoire de l’Ordre Souverain Militaire du Temple de Jérusalem (O.S.M.T.H./ O.S.M.T.J.), en quelques pages serait une gageure! Durant presque deux cents ans, cet ordre prestigieux a pris une place si importante en Europe et au Moyen-Orient que les faits qu’ils ont accomplis et les événements qui se sont déroulés durant toute cette période provoquent encore une forte fascination de nos jours.

Une littérature considérable a été consacrée à l’ordre du Temple, aux croisades et aux civilisations qui ont été le théâtre de ces événements. Nous vous proposons un résumé concernant l’histoire des templiers au Moyen Age.


Historique

Les prémices

Si quelques décennies après l’an Mil vous traversiez d’aventure l’Europe et la France, vous auriez certainement ressenti quelque surprise devant le chaos où s’était peu à peu enlisé l’Occident.

La première croisade, « la croisade populaire », prêchée par Pierre l’Ermite avait entraîné sur les routes une foule immense de malheureux, qui périrent en masse, bien avant d’apercevoir les rives de la Terre Sainte.
Disloquée et vidée, l’Europe se défend tant bien que mal des invasions des Sarrasins et des Normands. Dans la France divisée, des luttes d’influence entre seigneurs féodaux empêchent la réalisation de l’unité, souhaitée par le roi. Seuls les monastères restent des havres de paix et de culture.

Au-delà des mers, les progrès de l’Islam, la nouvelle religion de Mahomet, représentent une terrible menace pour l’Occident. Dans le même temps où la croisade de Pierre l’Ermite se disperse aux quatre vents, des armées commandées par Godefroy de Bouillon atteignent la ville de Jérusalem en juillet 1099.

En tant qu’Avoué du Saint Sépulcre, Godefroy de Bouillon y crée un royaume latin et d’autres états tels que ceux d’Antioche et de Tripoli. Bien que divisés eux aussi, les dénommés à l'époque «Infidèles» sont loin d’être vaincus. Ils harcèlent, pillent, massacrent les pèlerins qui se lancent sur des pistes aventureuses en direction des lieux Saints.

L’Ordre du Temple

En 1119, groupés autour de Hugues de Payens, huit autres chevaliers, décident de se dévouer à la cause des pèlerins qui se rendent en Palestine. Après quelque temps, Baudoin, le roi de Jérusalem, leur donne comme résidence une partie des anciennes écuries du vieux temple du roi Salomon, d’où leur nom : Les chevaliers de la Milice du Temple, ou Templiers.

Le trône du roi est fragile, aussi Baudoin charge Hugues de Payens d’aller plaider auprès du pape Honorius, l’organisation d’une nouvelle croisade.
En 1128, a lieu à Troyes un important concile, auquel participent d’importants dignitaires, ainsi que Bernard de Fontaines, fondateur de l’abbaye de Clairvaux, dont le rayonnement spirituel s’étendra sur toute l’Europe.

C’est au cours de ce concile que l’ordre du Temple devient officiel, et reçoit sa première Règle.
En 1148, le pape autorise les templiers à porter une croix de couleur rouge sur le côté gauche de leur manteau. Quant à l’étendard de l’ordre, il sera blanc et noir et s’appellera « Baussant ».

Rapidement, après plusieurs voyages, grâce à son intelligence et à son habileté, Hugues de Payens développe l’ordre.
Le Temple correspond par ses structures et ses buts, aux aspirations du moment ; pauvreté, charité, lutte contre les dits «Infidèles», puissance et unité face au chaos. A cela, s’ajoute un étonnant réseau d’amitiés, de fidélité qui font de ces moines soldats, des citoyens du monde avant la lettre.

Bénéficiant de tout un réseau de franchises administratives, juridiques, et religieuses grâce à la bienveillance de Rome, l’Ordre du Temple essaime en Orient et en Occident.
Durant toutes ces décennies, les maîtres se succèdent, et font bâtir châteaux, commanderies et chapelles. Bien protégées ces places fortes deviennent les gardiennes des trésors royaux, seigneuriaux et monastiques.

Les templiers font creuser des mines, construisent des manufactures, lancent sur les mers une flotte importante. A côté d’une vie temporelle intense et fructueuse, se développe une vie spirituelle, nourrie de prières, et de recherches.
Les symboles ne sont pas exempts de ces recherches, en exemple, le chiffre trois qui régit la vie journalière du templier. Il communie trois fois par an, fait l’aumône trois fois par semaine, le templier célèbre trois grandes fêtes, la Trinité, la pentecôte, la saint Jean d’hiver et d’été. Noël et Pâques sont considérés comme de fêtes secondaires.

Fiers de leurs forces militaires, morales et économiques, les templiers ne seront jamais véritablement au service des rois et des papes.
En Orient, leur principale préoccupation sera de servir les intérêts de l’Ordre et son prestige avant tout. Plus tard cette politique sera une des causes de leur perte.

Divers éléments semblent démontrer que les templiers passant au dessus des passions essaient de mettre fin à la rivalité entre chrétiens et musulmans, et peut-être, préparer une sorte de syncrétisme entre les religions du Livre. Ils essaient d’englober dans un tout cohérent les tendances les plus diverses de la pensée occidentale et orientale.
Cette recherche d’unité va, par conséquent, les conduire à imaginer un nouveau type de société. Ils estiment que le Christ, est venu pour réunir les hommes.

Les templiers ne traitent pas toujours les musulmans comme des hérétiques ou des ennemis. Certes, ils luttent contre eux, mais au cours de longues pauses de paix, ils dialoguent, essaient de se comprendre, sans pour autant remettre en cause leur foi chrétienne.
Gardiens de la Terre Sainte, les templiers veulent une terre d’unité, pour les hommes de toute religion. Ils désirent allier la puissance, la richesse et leur force politique aux plus hautes réflexions philosophiques tel fut leur projet et leur but, mais la tâche est trop lourde, trop importante, et ils échouent dans ce domaine, projet qui va porter en lui un des germes de leur destruction.

S’ils ont fasciné « les gens du siècle » les seigneurs, les autres ordres de chevalerie, ils en ont également provoqué leur hostilité. En 1244, Jérusalem tombe aux mains des dits «Infidèles».
En 1291, la prise de Saint Jean d’Acre marque la fin des Etats Latins de Palestine. Les templiers se retirent à Chypre et en France. France qu’ils retrouvent au bord d’un gouffre financier à la suite d’une mauvaise gestion de Philipe le Bel.
Ambitieux, jaloux, le roi encouragé par son conseiller Nogaret, rêve d’abattre l’Ordre et de s’emparer de ses richesses. Le roi tient à sa merci le pape Clément V, élu grâce à son appui au conclave de Pérouse en 1305.
Craignant pour sa sécurité à Rome, le pape s’était réfugié à Avignon. Clément v, faible et hésitant laisse Philippe le Bel et ses ministres préparer la machine qui va broyer l’Ordre du Temple

Le 13 octobre 1307, selon les directives secrètes de Nogaret les templiers sont arrêtés sans résistance. Commencent les procès, les aveux, les rétractations, les tortures les accusations les plus monstrueuses.
Le sang, les crachats souillent la blancheur du manteau de ces moines soldats qui traversaient naguère, au grand galop, les provinces du royaume de France, où de commanderie en commanderie, de château en château, jetaient les fondements d’une vie et d’une société nouvelles, imaginées à l’ombre des collines de Jérusalem.

Certes, bien des accusations étaient fondées, avec le temps et les recrutements hâtifs et incontrôlés de ses membres, l’Ordre s’était écarté de la Règle primitive et sévère, instituée au début de sa fondation.
Un certain pourrissement de la doctrine et de la morale avait rongé les structures templières. Les ténèbres avaient envahi l’Ordre, mais malgré toutes ces vicissitudes, il restait la source authentique d’un renouveau que cette époque ne pouvait supporter.

Le 3 avril 1312, par bulle « Vox in Excelcis » Clément V, sans toutefois le condamner, prononce la dissolution de l’Ordre du Temple. Deux ans plus tard, le 18 mars 1314, Jacques de Molay, dernier Maître de l'Ordre du Temple meurt sur un bûcher de l’île Saint Louis à Paris.
Mais en ce soir tragique, seule l’enveloppe charnelle du Temple est réduite en cendres. Seuls des hommes ont brûlé et les flammes qui les consumèrent n’ont pas détruit ce qu’ils portaient en eux, l’Esprit de l’Ordre, son message d’harmonie et d’équilibre qui flotte à jamais dans le temps.

Article de Frère Robert Gerbexs


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